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Chroniques d'une hivernante

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Chroniques d'une hivernante
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7 janvier 2013

Pour conclure

Après un peu de retard je m'attaque enfin à la rédaction du dernier commentaire de ce blog, cette aventure arrive désormais à son terme. Je suis à La Réunion depuis le 17 décembre mais revenons sur les épisodes précédents.

Le planning du Marion Dufresnes prévoyait un départ de La Réunion début novembre et une arrivée sur Amsterdam fin novembre où il devait y déposer nos successeurs, puis repasser trois semaines plus tard, lors d'une seconde rotation, pour nous ramener à La Réunion. Mais lors de son escale à Crozet, le navire a heurté un haut fond, beaucoup de dégât matériels mais heureusement aucun blessé, plus d'informations ici. Le planning prévisionnel a donc été complètement chamboulé, et il m'était alors impossible de savoir quand j'allais rentrer.

Finalement, c'est le navire l'Osiris qui a été choisi pour nous ramener à bon port. Ce navire effectue des contrôles auprès des bâteaux de pêche et revenait d'une mission de deux mois dans les TAAF, il a dû repartir dans la foulée pour nous récupérer.

Le dernier mois sur base a donc été assez particulier, avec une date très incertaine de départ et qui avait tendance à avancer de jour en jour, au début c'est le 16 décembre qui était plus ou moins annoncé et finalement on est partie le 10. Mais ce dernier mois a tout de même été l'occasion de profiter encore des paysages de l'île ainsi que d'une baignade.

051212-dernière_manip-8

Paysage d'Amsterdam

 

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Pups de quelques jours tétant sa mère

 

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La barrière d'algues

 

Le départ d'Amsterdam a été très rapide, en une matinée tout était fait, juste le temps d'acceuillir les nouveaux venus, de présenter les installations à mon successeur, quelques adieux sur la cale et voilà le zodiac qui s'en éloigne pour nous amener à bord de l'Osiris. La rapidité de la chose aura certainement permis de ne pas trop s'attarder sur les adieux et de rendre finalement tout ça un peu plus facile puisqu'on n'a pas eu le temps de s'en rendre compte.

Le séjour sur l'Osiris aura permis de se mettre en tête petit à petit que tout ça était terminé et qu'on va devoir enfin retrouver la civilisation. C'est donc fin prêt face à cette éventualité que nous abordons les côtes de La Réunion une semaine après. La réadaptation est finalement assez facile, on n'a pas le temps de tout oublier en un an mais quelques petites choses sont assez bizarres: la vitesse à laquelle va une voiture, toutes les lumières la nuit, le choix de produits dans les magasins...

Depuis le 17 décembre je suis donc à La Réunion, retour en métropole prévue le 20 janvier. Entre temps je profite de tout ce que l'île a à m'offrir: pleins de bons fruits, du rhum, de la vanille, des plages, une mer avec pleins de jolies poissons, de superbes randos, des paysages magnifiques dans les cirques, sur les pitons...

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La mer de nuages en haut du Piton des Neiges (plus de 3000m d'altitude)

 

C'est donc sur de superbes vacances que je clos cette aventure et j'espère que le retour en métropole m'en offrira pleins de nouvelles.

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31 octobre 2012

Des manips, toujours !

La fréquence de rédaction sur le blog diminue de plus en plus au fur et à mesure que l'année s'écoule. La motivation se perd et je commence à avoir l'impression de ne plus avoir grand chose d'inédit à raconter. Mais comme je sais que certains prennent plaisir à suivre mes petites aventures, voici quelques photos prises lors des dernières sorties hors base :

recherche (2)

Chaussée des otaries et au loin la pointe de La Recherche. (1)

 

pearl

En haut des falaises de la Pearl, attention au vertige ! (2)

 

retour_base

Chemin classique de retour sur base, quelques instants avant on était dans les nuages. (3)

 

chaudron

Le cratère du Chaudron derrière une forêt de Phylicas. (4)

 

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En haut du cratère du Chaudron. (5)

 

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Les 3 pics rocheux forment les 3 Demoiselles. (6)

 

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Vue des 3 Demoiselles. (7)

 

tourbières (2)

Le plateau des tourbières, avec au fond à gauche La Dives, sommet de l'île. (8)

fernand (1)

Le Fernand. (9)

 

entrecasteaux (1)

Falaise d'Entrecasteaux vue du grand balcon. (10)

 

Amsterdam

Carte de l'île avec les indications d'où ont été prises les photos.

 

1 octobre 2012

OP2 etc...

L'OP2 (2ème opération portuaire de l'année), c'est-à-dire la rotation du Marion pour le ravitaillement des bases, est certainement la plus dure à vivre.

Heureusement, le bateau nous apporte avant tout deux choses essentielles pour le moral. Tout d'abord, ce sont les courriers et colis. Ces petits mots qui réchauffent le coeur ou qui font rire, toutes ces bonnes choses à déballer qui sont les meilleurs cadeaux qu'on a pu avoir, nous donne le sourire et nous mette de bonne humeur. Merci à tous ceux qui y ont pensé.

La deuxième chose est l'arrivée des fruits et légumes frais, depuis longtemps disparus sur le district. Pouvoir manger des pommes, oranges, raisin, carottes, courgettes, concombres... fait un bien fou. Le dernier mois, le simple fait de parler de fruit me faisait saliver. On n'imagine pas à quel point tout ceci peut manquer.

 

Mais à part ces bonnes choses, le reste de l'OP est une véritable épreuve à vivre. La population de la base triple voire quadruple. Après quelques mois à ne vivre qu'à vingt sans voir personne d'autres, tout ce monde et cette agitation sont vraiment fatigant et pendant ces quelques jours on se sent complètement dépossédé de « notre » île.

Et le plus dur reste à venir, l'OP2 c'est le renouvellement des 2/3 de la base. Toutes ces personnes avec qui nous venons de vivre plusieurs mois et pour la plupart depuis le début de notre hivernage vont nous quitter. C'est à ce moment qu'on comprend à quel point on a pu s'attacher à eux et qu'ils vont beaucoup nous manquer. Sur la DZ, face à l'hélico, beaucoup de larmes ont coulées et l'émotion a été très forte. Un moment impossible à raconter et qui ne peut se comprendre que par ceux qui ont vécu une telle expérience. Bien sûr ce n'était pas un adieu, et on prendra beaucoup de plaisir à se revoir en métropole (ou ailleurs...).

 

C'est désormais la fin de la mission 63, la 64 vient de prendre ses fonctions. C'est donc à nous, les « anciens » de faire découvrir tous les trésors de ce petit bout de caillou aux « nouveaux ».

 

OP2

Rotation hélico pendant l'OP, avec décharge des colis (photo de Boris)

 

Malgré tout, la vie continue sur Ams.

A la MAE (marre aux éléphants, colonie d'étude d'otaries), les pups grandissent et ne vont pas tarder à partir en mer. C'est l'occasion d'une nouvelle manip, le baguage de 200 pups, elle permet à tout le monde d'aller faire un tour là-bas pour aider l'ornitho. Les jeunes mâles commencent à revenir et s'entraînent à avoir un harem avec plus ou moins d'autorité sur les femelles. Les gros mâles, ceux qui vont réellement réussir à avoir un harem et à se reproduire vont arriver dans un mois environ. Autant dire que je ne mettrai plus les pieds à la MAE, une otarie mâle qui défend son harem, ça commence à être dangereux et je ne suis pas très téméraire.

MAE

A la MAE

 

Sur le plateau des tourbières, les poussins d'Albadams ont bien grandi. Ils ne sont plus collés à leur parent qui ne reviennent désormais qu'une fois de temps en temps pour le nourrissage. Le décollage pour eux n'est prévu qu'en janvier.

tourbières (1)

Gros poussin d'Albadams

 

A Entrecasteaux, les gorfous mâles sont revenus en juillet, les femelles en août. Les oeufs ont désormais été pondus et les parents alternent couvage de l'oeuf et retour en mer pour se nourrir, les poussins ne devraient plus tarder à éclore. En attendant l'ornitho continue les comptages de  gorfous sur la plage. Les albatros à bec jaune viennent également de revenir, le ciel d'Entrecasteaux est de nouveau rempli de ces oiseaux. Les couples sont formés, les nids parés, les oeufs ne devraient plus tarder à arriver (ou sont peut-être déjà présents...). Entrecasteaux fourmille de nouveau d'activité et ça fait plaisir à voir.

 

A Antonneli, la plantation de la forêt de phylicca vient enfin de se terminer, 420 arbustes plantés, ça représente du boulot !

 

 

Voilà les dernières nouvelles du caillou perdu au milieu de l'océan indien.

 

17 août 2012

La future forêt d'Antonelli

L'un des grands chantiers de la ResNat (Réserve Naturelle des terres australes) sur Amsterdam est la plantation de Phyliccas afin de redonner à l'île sa végétation d'antan.

En effet, l'importation de nouvelles espèces, les nombreux feux d'origines humaines et l'implantation de bovins sont certainement des causes de sa quasi disparition.

Le but est donc de donner un coup de pouce à cet arbuste afin de lui donner une chance de survie sur un territoire qui est sien.

 

Depuis un an et demi, la pépinière bat son plein, les graines germent et donnent vie à des petits phyliccas qui sont pour le moment en pot. Les premiers plants commencent à grandir et ont besoin de plus d'espace, il était donc temps de commencer à les planter. Le lieu choisi se situe autour du cratère Antonelli. Objectif : 400 phyliccas à planter.

 

Antonelli

Le cratère Antonelli et sa cabane

coucher_soleil

Joli coucher de soleil vu depuis un lieu de plantation

 

C'est donc un gros chantier pour Hugues, l'agent de la ResNat, heureusement il n'est pas seul et plusieurs volontaires viennent de temps en temps l'aider, c'est l'occasion de se mettre au jardinage.

 

phyliccas_à_planter

Quelques phyliccas qui attendent d'être plantés

 

La première partie de la manip a consisté à débroussailler toutes les zones pouvant accueillir les 400 phyliccas autour du cratère. La végétation est ici très dense, il vaut donc mieux l'enlever pour laisser une chance au petit phyliccas, d'autant plus que ce sont des espèces introduites, donc pas de scrupules.

Une fois toutes les zones débroussaillées, il faut de nouveau prendre la débroussailleuse pour créer des petites placettes pour chaque phylicca où il n'y a plus que de la terre. Ensuite, il faut creuser un trou, à la bêche puis à la barre à mine pour enlever les cailloux récalcitrant et enfin, la partie la plus reposante, on peut enfin planter la petite plante.

 

trou

Hugues creuse un trou

phylicca_planté

Et voilà un joli phylicca dans son milieu naturel

 

Pour le moment, les phyliccas ne font qu'une trentaine de centimètres, mais d'ici 5 à 10 ans il y aura une véritable forêt autour du cratère.

 

 

Sur un autre sujet, le festival du film antarctique a eu lieu ce weekend, chaque base antarctique ou sub-antarctique peut participer et a 48h pour réaliser un film de 5 min maximum en intégrant les 5 éléments suivants : une reine, une souris d'ordinateur, un plan de la base, le bruit de la glace qui craque et la phrase : « I'll save you ».

Tous les films sont téléchargeables sur le site : http://www.cupojava.net/aff/?id_page=10

 

2 août 2012

Une semaine avec les gorfous

 

Je n'avais pas mis les pieds à Entrecasteaux depuis le mois de mars, j'ai donc profité de la manip sur les gorfous pour y retourner. Ce fut une semaine loin de tout, à quatre dans une cabane et à passer nos journées à observer ce drôle d'oiseau, complètement dépaysant !

 

Le trajet aller s'est bien déroulé, pas trop de vent, pas trop de pluie mais j'ai retrouvé la via ferrata bien plus humide que cet été, attention ça glisse ! Et quel plaisir d'arriver au but, de revoir cette cabane au charme inépuisable, coincée entre la mer et les falaises.

trajet

Carte du trajet à effectuer pour atteindre la cabane d'Entrecasteaux

via-ferrata

Descente de la via-ferrata

cabane

La cabane d'Entrecasteaux

 

Les gorfous sauteurs sont des oiseaux marins qui ne volent pas mais qui nagent extrêmement bien (c'est une sorte de manchot), ils passent tout leur temps en mer et reviennent sur terre, dans leur colonie d'origine, lors de la période de la mue et pour la reproduction.

Fin juillet, ce sont les mâles qui reviennent en premier pour commencer la construction du nid. Mi-août les femelles reviennent, il y a reproduction, ponte de l'oeuf et éclosion. Mâle et femelle vont alors alterner passage en mer pour se nourrir et passage dans la colonie pour couver l'oeuf puis pour nourrir le petit.

 

Le but de la manip était de compter pendant un quart d'heure toutes les heures le nombre de gorfous qui reviennent sur la plage toujours au même endroit. Il fallait donc rester de 7h à 17h assis sur un caillou à observer cet animal, le tout dans le froid et parfois sous la pluie. Pour rajouter au plaisir, en hiver le soleil est quasiment tout le temps caché par les falaises, on était donc plutôt heureux de le voir les rares fois où il est apparu.

En plus du comptage, il a également fallu effectuer des mesures sur 90 gorfous étalées sur trois jours différents. Ce sont les biométries, mesure du bec en longueur, largeur et hauteur, mesure de l'aile et poids.

 

Malgré la longue attente dans le froid, c'était certainement la meilleure manip à laquelle j'ai pu participer car il est très rare d'avoir autant de temps pour observer un animal et on finit par s'y attacher. Il est très impressionnant de voir l'énergie que donne le gorfou pour atteindre sa colonie qui se situe à des hauteurs incroyables et avec des pentes très raides pour y parvenir. Il effectue le trajet par petit bond et même quand il arrive sur la plage avec l'une de ses pattes en mauvais état, il va continuer tant qu'il peut à grimper même si ses chances de survie sont maigres.

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groupe-gorfou2

Quelques gorfous sauteurs

 

Après une semaine dans ce cadre idyllique, il a bien fallu rentrer. La météo nous annonçait de terribles rafales de vent mais finalement le trajet retour s'est effectué sans plus de difficulté que d'habitude. La remontée jusqu'au pignon a été une fois de plus très fatigante mais tout ça en vaut largement la peine.

 

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4 juillet 2012

Joyeuse MidWinter !

Le 21 juin annonce un grand moment de fête pour toutes les bases scientifiques d'antarctique et du sub-antarctique, il s'agit de la Midwinter, le milieu de l'hiver.

 

Ici, cela fait deux mois que nous n'avons pas vu de bateau, le dernier étant l'Austral, reparti en avril à la fin de sa campagne de pêche. Nous avons eu le droit a un passage express de l'Albatros (navire de la marine nationale) il y a quelques jours, mais seuls deux des plongeurs sont venus nous rendre visite pendant une matinée, l'état de la mer étant trop mauvais pour pouvoir débarquer. Le Marion Dufresnes ne sera de retour que mi-septembre, en attendant nous pouvons espérer encore un ou deux passages de navires devant noter île mais rien ne nous assure que nous pourrons voir du monde, les côtes d'Amsterdam ne sont pas des plus faciles à aborder et d'autant plus en plein hiver.

 

En attendant, nous devons vivre avec les mêmes 20 personnes que constitue notre mission, à longueur de journée, sachant que le nombre de sorties devient de plus en plus restreint en cette période hivernale. C'est certainement le moment de l'hivernage le plus inexplicable aux personnes qui n'ont pas connu ce genre d'expérience mais aussi la plus intéressante et formatrice (il faut tout de même noter que je n'ai pas encore connu l'hivernage dans son ensemble, ce n'est donc que l'impression du moment).

 

Cette période marque aussi pour certains d'entre nous le milieu de notre hivernage. Je suis partie de métropole il y a sept mois et ça fait déjà plus de six mois que je suis arrivée sur ce petit bout de caillou. Le temps passe tellement vite !

 

La Midwinter est une semaine de fête, de jeux, où chacun travaille au minimum. C'est un moment qui permet de ressouder la mission, de se détendre, de prendre plaisir à vivre ensemble dans une période qui peut sembler plus compliquée à vivre.

  

La Midwinter débute avec l'élection du OnzAms, celui qui « remplace » le Disams (chef de district) pendant cette semaine. Avant la Mid il y a donc eu une période de campagne qui a permis de commencer à animer un peu plus les journées. C'est le parti IndependAms qui a été élu (pour l'indépendance d'Amsterdam). Il n'y a bien sûr absolument rien de sérieux durant cette campagne.

Le 21 juin nous recevons des invitations de toutes les autres bases isolées de cet hémisphère. C'est vraiment très sympa de recevoir des photos d'autres missions, d'autres bases, de toutes les nationalités (américaines, anglaises, japonaises, norvégiennes, chiliennes, sud-africaines...), à ce moment-là nous sentons que quelques chose nous unit avec tous ces gens.

 

mission-mid

Photo de mission réalisée pour l'invitation aux autres bases

 

Le 21 juin a débuté par un concert (c'est la fête de la musique non?) du « electric infra pup phylicca band » (les deux guitaristes sont l'élec et l'ornitho, qui s'occupe également des otaries, dont le petit s'appelle un pup's, le bassiste est le chef infra et le batteur est chargé des phyliccas auprès de la réserve naturelle). Comme il n'y a pas de chanteur digne de ce nom sur base, c'est donc toute la base qui s'y est mis à tour de rôle, ce n'était certainement pas du grand art mais on s'est bien amusé.

 

concert

Ambiance de folie pour la fête de la musique

 

Chaque journée a ensuite été organisée par un groupe différent, chacun devant préparer des jeux et les repas (les cuistots aussi sont en activité limitée durant cette période).

Un grand feu sur la cale a été allumé pendant l'une des soirées, chaque groupe a dû fabriquer un mannequin qu'on a ensuite brûlé, ça a également été l'occasion de sortir les pétards, un bon moment de retour en enfance !

 feu

feu_mannequin

Un feu et des mannequins qui brûlent

 

Après une semaine très intense et plutôt fatigante, nous sommes désormais revenus à un rythme normal. Cette période si attendue qu'est la Midwinter est déjà finie...

 

15 juin 2012

Le miracle de la vie

J'aime beaucoup les tourbières, son ambiance silencieuse d'un désert de tourbes et la proximité de cet oiseau si majestueux qu'est l'Albadams. Après une journée passée dans ces hauteurs, on est très fatigué d'une journée à marcher en raquettes mais tellement heureux d'avoir passer un moment dans une ambiance très différente de l'ordianire.

Je profite donc de la moindre opportunité pour y retourner. La manip du 20 mai a certainement été la meilleure que j'ai faite aux tourbières. La dernière fois les albatros étaient sur oeuf depuis le miracle de la vie a opéré et l'oeuf a laissé place à un poussin qui vient juste d'éclore.

Autant dire que voir ces petites boules de plumes juste à côté de leur parent donne le sourire pour la journée d'autant plus qu'il s'agit d'une espèce avec très peu d'individus et malgré tout la reproduction continue à fonctionner, on ne peut donc qu’espérer un avenir meilleur pour cet albatros.

 

tourbières

La marche en raquette sur le plateau

 

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Les Albadams et leur petit

15 juin 2012

Dans les entrailles d'Amsterdam

L'île d'Amsterdam est un ancien volcan, on trouve donc partout sur l'île un nombre important de grottes laissées par les coulées de lave. L'une de ces coulées commence juste au-dessus de la base, au niveau de ce qu'on appelle le jardin Malgache et continue jusqu'à la base du Vénus inférieur, elle s'appelle la Grande Coulée. Cette coulée alterne entre des grottes et des passages en extérieur, à des endroits où la coulée s'est effondrée, on se trouve alors dans un trou, la végétation y est très luxuriante à ces endroits mieux protégés du vent.

C'est donc armé d'un casque, d'une frontale, de gants (la roche volcanique est assez rugueuse, il est donc préférable d'en prendre pour éviter de s'abîmer nos petites mains) et de vêtements ne craignant pas trop (les grottes étant assez boueuses) que nous avons pu passer une petite journée dans cet endroit sympathique et jouer aux apprentis spéléo.

 

coulée

Dans une coulée effondrée

grotte

A l'entrée d'une des nombreuses grottes

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Il faut parfois grimper dans des passages assez étroits pour sortir

Vénus (1)

Les 2 Vénus vues d'une coulée

30 mai 2012

Un peu d'histoire

Beaucoup de lieux d'Amsterdam portent le nom de personnes, de navires ou autres qui ont marqués son histoire, c'est donc sous cet aspect que j'aimerais la présenter.

 Amsterdam

Carte d'Amsterdam, les points montrent les lieux portant un nom empreint de son histoire

 

C'est le 18 mars 1522 que tout a commencé. Le bien connu Magellan souhaitait effectuer le premier tour du monde, il n'a malheureusement pas pu réaliser son rêve jusqu'au bout, il est décédé pendant cette aventure aux Philippines. Sébastien Del Cano (1 sur la carte) prendra alors sa suite aux commandes de La Victoria et sera le premier à indiquer sur une carte l'île d'Amsterdam à cette fameuse date, l’île ne porte alors aucun nom. Les conditions sont  trop mauvaises pour y mettre pied et l'équipage est pressé de rentrer, la faim et le scorbut se répandant à bord. Ils rentreront en Espagne le 7 septembre 1522 après 37 mois de navigation.

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La pointe Del Cano

 

La découverte de l'île St Paul est moins connue mais l’île est référencée assez rapidement sur une carte avec le nom de S. Paulo qui serait le nom d'un navire.

 

Le règne des navigateurs espagnols se termine et laisse place aux néerlandais. Ce sont eux qui nomment définitivement notre bout de caillou en 1633. Le gouverneur Van Diemen lui donne le nom de son navire le Niew Amsterdam (Nouvelle Amsterdam), c'est également le nom que la ville de New York a porté pendant un temps.

 

Le premier débarquement connu sur ces deux îles date de 1696. Willem De Vlaming (2) a ordre de s'y arrêter pour tenter de retrouver trace d'un navire perdu. Il s'arrête à St Paul puis Amsterdam. A cette époque le bassin du cratère de St Paul ne communiquait pas encore avec la mer, de nombreuses otaries peuplent encore les rivages de ces îles et la végétation est dense, il est très difficile de s'aventurer loin dans les terres.

 

Ces îles ne sont alors qu'un point de repère sur la route du commerce vers l'Indonésie, mais n'ont pas un grand intérêt.

Vers la fin du XVIIIème siècle, elles commencent à représenter un grand intérêt commercial, notamment pour la pêche, la chasse à la baleine et les fourrures d'otaries. Il y a alors un peu plus de passages et ces îles sont parfois habitées temporairement.

 

L'amiral Bruni d'Entrecasteaux (3) est chargé en 1791 d'une expédition à bord des navires La Recherche (4)  et L'Espérance pour tenter de retrouver les navires de La Pérouse, dont on a perdu trace. Il s'arrête devant Amsterdam le 28 mars 1792 et en fait une grande description. L'île est alors en feu, cause humaine ou volcanique ? Plusieurs autres descriptions de l'île la mentionneront en feu, ce qui bouleversera en partie la végétation et la vie de ses habitants.

 Entrecasteaux

La pointe d'Entrecasteaux

recherche (1)

La pointe de La Recherche

 

 

Au cours du début du XIXème siècle, les chasseurs d'otaries déciment les colonies de St Paul et Amsterdam et vont donc arrêter très rapidement cette activité qui ne sera plus rentable et laisser ainsi plus de places aux pêcheurs.

 

En 1814, l'île de France (Maurice) et ces dépendances deviennent anglaises, les îles St Paul et Amsterdam en font partie, malgré leur non-occupation par des Mauriciens ou des Anglais.

 

Adam Mieroslawski, français d'origine polonaise, souhaite installer une pêcherie sur St Paul, les pêches là-bas sont miraculeuses et le poisson se revend très bien à La Réunion ou à Maurice. Il demande donc au gouverneur de La Réunion la prise de possession de ces îles par la France afin de pouvoir continuer tranquillement ces affaires. Le gouverneur répond favorablement à cette demande, le 12 juin 1843, l'Olympe (5) appareille pour St Paul et Amsterdam afin d'y hisser le pavillon français et ainsi doubler les Anglais. Il s'agit plus d'un protectorat français que d'une prise de possession officielle.

La pêcherie dure 10 ans avant de faire définitivement faillite et le statu-quo sur la possession de ces îles entre la France et la Grande-Bretagne durera encore plusieurs dizaines d'années.

 

L'activité de pêche continue au large de ces îles mais avec moins d'ampleur que l'installation de Mieroslawski.

L'île d'Amsterdam a connu beaucoup moins d'habitants que St Paul pour cause d'une plus grande difficulté d'accostage. Pourtant, au début des années 1870, Heurtin (6), un colon réunionnais, tente d'y installer une ferme. C'est probablement lui qui a apporté des vaches sur l'île, vaches qui reviendront à l'état sauvage, les dernières ont été abattues il y a 2 ans.

 

En 1873, le Commodore Goodenough (9) à bord de La Pearl (7) s'arrête à Amterdam à la recherche d'éventuels naufragés, il fait une grande description des restes de la ferme du colon Heurtin.

 

Les côtes d'Amsterdam sont loin d'être sûres, plusieurs navires y font naufrage, dont Le Fernand (8), goélette de pêche, en 1876, un mois plus tard les rescapés seront récupéré par un navire.

 fernand

Le mont Fernand

 

Au milieu du XIXème siècle, la pêche bat son plein, les derniers chasseurs d'otarie finissent d'exterminer les colonies et c'est également la période des premières expéditions scientifique. La frégate autrichienne La Novara (10) effectue un tour du monde de 1857 à 1859 à but scientifique et fait escale à St Paul et Amsterdam, afin de mener des études sur l'astronomie, la géodésie, le magnétisme, la météorologie, l'hydrographie...

 

En 1875, la planète Vénus (11) passe devant le Soleil, c'est une grande opportunité pour calculer la distance Terre-Soleil, plusieurs sites d'observations français, dont l'île St Paul, sont choisis par Dumas (12), président de la commission de cet événement à l'Académie des Sciences. C'est le navire  La Dives (13) qui mènera les scientifiques à destination. Cet événement est aussi l'occasion de faire escale à Amsterdam afin de dresser une carte de l'intérieur de l'île qui est très peu connu à cette époque, Vélain s'en charge et donne aux lieux des noms liés à son expédition (Vénus, Dives, Dumas), Hébert (14), qui est son maître, devient alors le nom d'un cratère.

 Vénus

Sur le Vénus supérieur et en face le Vénus inférieur

 

 

C'est en 1893 qu'a lieu la prise de possession officielle de ces îles par la France, mais toute la première moitié du XXème siècle, ces îles ne sont que très peu fréquentées. Une dernière tentative d'installation d'usine sur St Paul a lieu autour des années 30, c'est un véritable échec, plusieurs personnes n'en reviendront pas, ce sont les oubliés de St Paul.

 

C'est finalement grâce à la science que ces îles vont attirer de nouveaux l'intérêt et au début grâce à la météorologie. C'est en 1950 que la première mission scientifique a lieu menée par Paul de Martin de Viviès (15), météorologue. Depuis cette date, les missions scientifiques s'enchaînent, chaque année une équipe de 20 à 30 personnes hivernent, nous en sommes à la 63ème mission. La base porte le nom du chef de la première mission depuis 1972.

 

Les débuts n'ont pas été faciles, il a fallu acheminé 166 tonnes de chargement sur l'île dans des conditions d'accostage difficile. Le 8 janvier 1950, lors d'une manœuvre pour apporter le matériel sur l'île, un radeau où se trouve le matelot Emile Ribault (16) chavire, l'accident sera mortel.

Les premières missions connaissent d'autres accidents aussi dramatiques, comme François Antonelli (17), météo, décédé lors d'une chute accidentelle du haut d'un pylône.

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Dans le cratère Antonelli

 

Dans les derniers noms donnés aux lieux de l'île, on trouve Pointe Bénédicte (18), appelé plus simplement pointe B. C'est le lieu où se fait l'étude de la chimie de l'atmosphère, et où l'on prélève l'air le plus pur au monde (à ce qu'il paraît). Il s'agit d'un site privilégié pour mesurer et étudier les composés émis par l'activité humaine. Le nom de la pointe a été donné en l'honneur de Bénédicte Ardouin qui a organisé la logistique et le suivi de ce programme.

 

De nos jours, ces îles ont un véritable potentiel pour la recherche mais elles sont toujours un atout économique. Deux fois par an, le navire l'Austral vient y faire sa campagne de pêche, les eaux de St Paul et Amsterdam regorgent de poissons et surtout de langoustes, la meilleure au monde.

 

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Toutes ces informations ont été tirées du livre « Saint Paul et Amsterdam, Voyage austral dans le temps » de Yannick Verdenal qui a effectué son hivernage en 1997.

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16 mai 2012

Cérémonie du 8 mai

L'île d'Amsterdam est un territoire français, le 8 mai doit donc y être commémoré, même si nous sommes perdu en plein milieu de l'océan indien loin de toute terre habité. Le disams (chef de district) qui représente l'Etat sur l'île, revêt l'écharpe tricolore et les partex (partenaires extérieurs), les militaires détachés de l'armée auprès des TAAF, sortent leur uniforme de cérémonie.

 

C'est pour tous l'occasion de se retrouver pour un moment convivial et la cérémonie de commémoration nous permet de nous rappeler la réalité du monde extérieur.

 drapeau

Levée du drapeau par Aurélien

 groupe

de g. à d. : Yann(chef central), Jérémie (ornitho), Olivier (CO2), Aurélien (électricien), Rémi (chef infra), Philippe (chef garage), Hugues (chargé des phyliccas), Boris (aérotrace), Dominique (cuisinier), Patrick (infra), Eric (disams), Erwan (aérotrace), Abou (appro), moi, Joëlle (bib), Laurent (gener), Daniel (BCR), Henri (infra), Josian (cuisinier), Patrick (gérant postal)

 

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